Pourquoi la confiance numérique
L’IA, le commerce et la souveraineté reposent tous sur la même chose.
Le Canada s’active pour adopter l’IA, ouvrir de nouveaux marchés et prendre en main son avenir numérique. Chacun de ces chantiers se heurte à la même question : peut-on s’y fier? Cet agent d’IA agit-il vraiment pour qui il le prétend? Ce certificat sera-t-il reconnu à l’étranger? Qui contrôle ces données, et qui en répond?
La confiance numérique est ce qui permet de répondre à ces questions. Non pas comme une promesse, mais comme une infrastructure : la capacité de vérifier qui a émis quelque chose, que rien n’a été modifié et qui peut s’en porter garant, d’une organisation et d’une frontière à l’autre.
Les enjeux sont réels. L’IA permet désormais de produire à peu de frais des faux convaincants. En 2025, les Canadiens ont déclaré plus de 704 millions de dollars de pertes liées à la fraude, et seulement 5 à 10 % des fraudes sont signalées.
La souveraineté des données ne se limite pas à leur résidence
Les centres de données et l’infonuagique souveraine comptent, mais stocker les données au Canada n’est qu’une partie de la réponse. Comme le souligne le cadre sur la souveraineté numérique du gouvernement du Canada, le stockage de données au Canada ne garantit pas qu’elles échappent à la compétence de tribunaux étrangers.
Le véritable contrôle repose sur quatre questions : où les données sont stockées, par où elles transitent, qui peut y accéder et quelles lois s’appliquent aux organisations qui les traitent. Être souverain, c’est pouvoir répondre à ces quatre questions, et choisir.
Il ne s’agit pas de couper le Canada des technologies mondiales, mais de conserver la capacité de choisir et de travailler avec le monde selon les règles canadiennes.
Il en va de même pour l’IA. Comme le soulignent les chercheurs du CIRANO, une IA efficace et responsable ne peut pas précéder l’organisation des données. L’IA a besoin d’une couche de données de confiance : des identités vérifiées, des échanges de confiance et une gouvernance claire.
Fédéré, et non centralisé
Au Canada, aucune organisation ne détient à elle seule la confiance. Les provinces et les territoires, les organismes de réglementation, les ordres professionnels et les entreprises émettent des justificatifs et détiennent des données selon leurs propres règles. La réponse n’est pas un système central unique, mais des règles communes qui permettent à chaque organisation de conserver ses données et son contrôle. Les chercheurs du CIRANO le soulignent : une infrastructure publique numérique commune ne peut pas être conçue comme un projet centralisé. Les participants aux tables rondes fédérales sur l’infrastructure publique numérique l’ont aussi dit : l’interopérabilité n’appartient à aucun acteur en particulier.
La confiance doit aussi fonctionner d’un système juridique à l’autre. Le Canada lui-même conjugue le droit civil au Québec et la common law ailleurs, et les règles en matière de vie privée diffèrent, de la LPRPDE à la Loi 25 du Québec. Les partenaires commerciaux à l’étranger ont aussi les leurs. La confiance numérique doit respecter chacun de ces cadres, plutôt que d’imposer les mêmes règles à tous.
La souveraineté des données autochtones compte aussi. Selon le Centre de gouvernance de l’information des Premières Nations, les principes de propriété, de contrôle, d’accès et de possession des Premières Nations (PCAP®) établissent la façon dont les données et l’information des Premières Nations devraient être recueillies, protégées, utilisées ou partagées. Les Inuit et les Métis ont leurs propres approches. Le partage de données de confiance au Canada doit les respecter.
La confiance doit fonctionner d’une administration et d’une communauté à l’autre, sans que quiconque ait à renoncer à son contrôle.
Comment fonctionne la confiance numérique
Trois éléments, chacun avec un rôle précis.
Prouver
Justificatifs numériques
Un justificatif numérique prouve qui l’a émis, et que rien n’a été modifié.
Vérifier
Ancres et registres de confiance
Un registre confirme si un émetteur est autorisé à s’en porter garant, en ce moment même.
Partager
Les données restent à la source
Les partenaires confirment ce dont ils ont besoin, comme « oui, certifié », sans que le dossier sous-jacent change de mains.
Les mêmes éléments s’appliquent aux agents d’IA : prouver qui a conçu un agent, vérifier qui en répond et encadrer les données auxquelles il peut accéder. La confiance pour les agents d’IA →
Relié à l’international
Les justificatifs et les données du Canada doivent aussi être reconnus par ses partenaires à l’étranger. Les cadres de confiance internationaux sont l’un des moyens d’y arriver plus rapidement. À titre de Gaia-X Hub Canada, nous mettons les organisations canadiennes en relation avec l’un d’eux.
Nos projets, nos ressources éducatives et nos publications se trouvent dans la section Travaux : Projets · Centre éducatif · Publications
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PCAP® est une marque déposée du Centre de gouvernance de l’information des Premières Nations (CGIPN). Voir fnigc.ca/ocap-training.
